La Normandie en week-end sans voiture : Rouen, Honfleur, la côte, en train

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Un week-end en Normandie se construit très bien sans voiture, à condition d’accepter un enchaînement précis entre le train, le car et la marche. Rouen ouvre le week-end, la côte le referme, et l’ordre dans lequel on visite ces étapes change vraiment l’expérience.

Rouen, la première étape obligée

La ligne Paris-Rouen, au départ de la gare Saint-Lazare, dessert directement le centre de la ville en un peu plus d’une heure. Rouen se découvre à pied, du gros horloge à la cathédrale, dont les tours ont inspiré une série de tableaux impressionnistes devenue célèbre bien au-delà de la Normandie. Le quartier des maisons à colombages, autour de la place du Vieux-Marché, se traverse lentement, sans itinéraire figé.

La place du Vieux-Marché elle-même mérite qu’on s’y arrête plus longtemps qu’un simple passage : c’est là que Jeanne d’Arc a été exécutée, et un mémorial discret rappelle cet épisode au milieu d’un quartier aujourd’hui occupé par des terrasses et des halles couvertes. Les ruelles adjacentes, pavées et souvent sans trottoir marqué, imposent naturellement de ralentir le pas.

Une nuit sur place suffit généralement à faire le tour de l’essentiel du centre historique, avant de reprendre la route vers la côte le lendemain matin. Ceux qui arrivent en fin de matinée peuvent consacrer l’après-midi entier à la vieille ville, les principaux sites se concentrant dans un périmètre réduit, ce qui laisse encore le temps d’un dîner tranquille avant de refaire les bagages pour le lendemain.

De Rouen au Havre, puis le car pour Honfleur

La ligne Rouen-Le Havre permet de rejoindre la côte en un peu plus d’une heure de train supplémentaire. Le Havre, ville reconstruite après-guerre, se visite pour son architecture propre, avant de basculer vers Honfleur via une liaison en car qui traverse le pont de Normandie, un des passages les plus spectaculaires de l’itinéraire.

Honfleur se rejoint aussi depuis d’autres points de la côte, mais l’arrivée par le pont, avec l’estuaire de la Seine en contrebas, reste la façon la plus marquante de découvrir la ville. Le vieux bassin, entouré de hautes façades étroites, se parcourt à pied en une petite heure, avant de rejoindre l’église Sainte-Catherine, construite en charpente de marine par des artisans locaux.

Deauville-Trouville, la dernière étape

Les plages de Deauville-Trouville complètent naturellement le week-end, à une courte liaison de car depuis Honfleur. Les deux stations, séparées par un pont sur la Touques, offrent un contraste net : planches et casino d’un côté, port de pêche plus populaire de l’autre. La marche le long du front de mer, sans destination précise, reste la meilleure façon de clore le séjour avant de reprendre le train du retour.

La gare de Deauville-Trouville dessert directement Paris-Saint-Lazare, ce qui évite de refaire tout le trajet en sens inverse par Rouen. C’est ce bouclage en boucle, plutôt qu’un aller-retour classique, qui rend le week-end tenable sans voiture.

Entre les deux stations, le port de pêche de Trouville garde une activité réelle, avec des étals de poissonniers installés à même le quai en fin de matinée. C’est un bon contrepoint aux planches de Deauville, plus tournées vers la promenade que vers le travail portuaire, et les deux rives se rejoignent à pied en quelques minutes par le pont qui enjambe la Touques.

L’ordre qui évite les mauvaises surprises

Commencer par la côte et finir par Rouen fonctionne moins bien : les liaisons en car entre les stations balnéaires sont moins fréquentes que celles au départ de Rouen, et un mauvais horaire en fin de week-end peut compromettre le retour. Mieux vaut :

  • Arriver à Rouen le premier jour, pour profiter de sa desserte directe depuis Paris ;
  • Rejoindre la côte via Le Havre le lendemain matin ;
  • Terminer par Deauville-Trouville, dont la gare ramène directement à Paris.

Pour ceux que l’envie de rail ne quitte pas une fois rentrés, notre rubrique Voyages Lointains prolonge la réflexion sur les trajets plus longs, cette fois hors de l’Hexagone.


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